Cheng Man-Ching
Le Taï Chi Chuan est un art martial souple, interne chinois ancré dans la tradition taoïste. Il se fonde naturellement sur la recherche de la Tranquillité et de l’ouverture du coeur. Il est une pratique-compréhension intime des lois universelles qui régissent la nature, et le Vivant, dont nous sommes.
Le Chemin qu’ il emprunte est celui du relâchement, de l’équilibre central, de l’enracinement et de la quête de la souplesse/douceur. Par le relâchement, la déprise de soi, les transformations s’opèrent silencieusement… Les structures ostéo-articulaires et tendino-musculaires s’alignent et se renforcent, le souffle s’approfondit et s’apaise, se clarifie, le coeur-esprit. Nous revenons alors vers la complétude, l’authenticité, l’entièreté de notre existence.
Par le geste répété, lent, rond, souple, fluide, le corps-esprit entre en unité au rythme d’un souffle apaisé. Peu à peu, pas à pas, nous atteignons la véritable détente, la véritable souplesse. Le Taï Chi se pratique sans tension ni raideur, en état de relaxation. Alors le Qi, énergie interne, peut imprégner le corps et circuler harmonieusement conférant vitalité, bien être et Tranquillité.
Les fondations du Taïchi sont l’alignement structurel, la descente du Qi au dantian par le relâchement, la connexion enracinée et l’approfondissement du souffle.
Au début de l’apprentissage, tous les mouvements sont effectués lentement et continuellement. De cette façon, l’équilibre, l’écoute et l’attention se développent progressivement dans le corps-esprit, la structure s’organise, les routes du Qi s’affinent,… L’essence du Tai Chi Chuan est la Santé au sens large, du corps-souffle-esprit, cultivée à travers l’entretien et le renforcement de notre énergie vitale.
Sa forme externe est celle d’un art martial souple, souvent comparé à la “voie de l’eau”, du fait de sa recherche constante de la non-opposition et de l’utilisation de la force adverse. Il utilise la science des points vitaux, l’art de saisir et contrôler pour “rétablir l’harmonie entre les parties risquant de s’opposer”…
Il s’apprend en pratiquant une “forme dites des 37 pas” et à travers l’exercice à deux, Tuishou ou “mains collantes”…
Une pratique de l’épée, du bâton et du sabre, viennent s’y adjoindre plus tard. Les principes restent identiques au travers toutes les applications : “Droit et détendu,… quoi qu’il arrive… pas de résistance ni laisser aller…” Forme et fonctions vont de pair.. Le Tuishou et la forme sont interdépendants et s’influencent mutuellement.
Nous commençons avec les fondamentaux “jibengong” par ouvrir le corps, ses réseaux et articulations, l’alignement général nécessaire à la libre circulation du Qi.
Puis viennent les postures fixes ou méditation debout, bases de la fondation, dans lesquelles sont cultivées alignement et relaxation “song”. Elles servent à laisser descendre le Qi au dantian, l’y concentrer, afin de le mobiliser dans l’ensemble du corps et favoriser l’énergie “jin”, la force de retour.
Après les exercices de relâchement “song gong”, vient le travail de la forme “taolu” qui exerce la circulation du Qi dans le corps et contient la gestuelle des applications du travail à deux.
Le travail avec partenaire se divise en deux points : le “jeu des mains’ ou tuishou, développe la sensibilité et les notions d’écoute, de compréhension et de neutralisation de la force adverse. Puis vient la “dispersion des mains” ou sanshou, qui exprime les qualités développées précédemment dans le système défensif de l’auto-protection. Un travail “d’armes” complètera la formation et permettra d’agrandir les paramètres de travail et proposer d’autres perspectives.
Au sein de l’école, deux tendances sont présentes : la filiation Cheng et la filiation Huang. Chacun peut suivre l’une ou l’autre ou les deux cursus.
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